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La
fève est une légumineuse dont on dit qu’elle est l’une des cultures les
plus anciennes du monde. Sa richesse en protéines, en glucides
(principalement en amidon) et en fibres ainsi que sa faible teneur en
matières grasses en font un aliment particulièrement intéressant pour la
santé.
Principes actifs et propriétés
Certaines études ont associé une consommation régulière de légumineuses
à divers effets bénéfiques pour la santé tels qu’un meilleur contrôle du
diabète1,
une diminution du risque de
maladies cardiovasculaires2,3 et
une diminution du risque de
cancer colorectal4.
Ces bienfaits seraient en partie attribuables à divers composés présents
dans les légumineuses tels que les fibres alimentaires. Les
recommandations alimentaires américaines suggèrent d’ailleurs de
consommer des légumineuses au moins quelques fois par semaine5.
Enfin, parmi les grandes recommandations de l’American Institute for
Cancer Research pour la prévention du cancer, on conseille à la
population de favoriser une alimentation composée majoritairement
d’aliments végétaux en y incluant une variété de légumes et de fruits,
de légumineuses et de produits céréaliers peu transformés6.
Fibres alimentaires
Les
légumineuses sont toutes de bonnes sources de fibres. Les
fibres alimentaires,
qui se trouvent seulement dans les produits végétaux, sont des
substances qui ne sont pas digérées par l’organisme. De 11 % à 15 % des
fibres contenues dans la fève sont sous forme soluble, le reste
des fibres étant insolubles7.
Rappelons qu’une alimentation riche en fibres solubles peut contribuer à
normaliser les taux sanguins de cholestérol, de glucose et d'insuline,
tandis qu’une alimentation riche en fibres insolubles aide à maintenir
une fonction intestinale adéquate8.
À noter qu’il est recommandé de consommer 25 g de fibres par jour pour
les femmes de 19 ans à 50 ans, et 38 g par jour pour les hommes du même
groupe d’âge9.
Protéines et effet antioxydant
La fève contient une protéine particulière qui aurait des propriétés
antioxydantes.
Pour en arriver à cette conclusion, des chercheurs ont isolé une
protéine hydrosoluble (soluble dans l’eau) provenant de la fève et l’ont
mise en contact avec des cellules en culture10.
Dans ce modèle in vitro, la protéine a entre autres induit une
augmentation de l’activité d’un
enzyme qui
permet de diminuer les effets négatifs de l’oxydation
sur les cellules, phénomène lié au processus de vieillissement. On sait
que la cuisson de la fève peut affecter la qualité de la protéine, mais
cet effet n’a malheureusement pas été évalué. Ces résultats
préliminaires, bien que fort intéressants, ne permettent pas d’affirmer
que la protéine de la fève a un potentiel antioxydant chez l’humain.
Davantage d’études sont nécessaires pour confirmer les données obtenues
in vitro.
Protéines et effet sur les lipides sanguins
Tout
comme le
soja,
la fève pourrait améliorer le profil lipidique sanguin. C’est du moins
ce que semblent démontrer les résultats de quelques études publiées sur
le sujet. Jusqu’à présent, l’effet
hypocholestérolémiant
a davantage été documenté chez l’animal. Chez le rat, une étude a
démontré que l’ajout de fève à une diète favorisant l’élévation du
cholestérol (diète riche en gras saturés) diminuait le cholestérol
sanguin après seulement deux semaines de régime11.
D’autres auteurs ont également rapporté une diminution des taux de
cholestérol chez des rats consommant une diète hypercholestérolémiante
(favorisant l’élévation du cholestérol) contenant soit des fèves, soit
la protéine isolée de ces fèves. Les taux de cholestérol-HDL (« bon »
cholestérol) sont demeurés inchangés, mais l’ajout de fève à la diète a
entraîné une diminution des taux de triglycérides sanguins, ce que n’a
pas fait la protéine seule12.
Les
effets hypocholestérolémiants de la fève pourraient s’expliquer en
partie par le profil en acides aminés de sa protéine. Cette hypothèse a
été avancée pour d’autres types de légumineuses. Des composés, tels que
les fibres présentes dans la fève entière, pourraient aussi jouer un
rôle dans la diminution du cholestérol12.
La fève contient des fibres alimentaires tandis que l’isolat de
protéines provenant de cette fève en est dépourvu. La fève entière a eu
un effet plus marqué sur la diminution du cholestérol sanguin que la
protéine seule.
Encore
une fois, des études cliniques contrôlées devront être réalisées chez
l’humain avant de pouvoir affirmer que la fève permet de diminuer le
cholestérol sanguin. Cependant, puisqu’il y a plusieurs avantages à
recommander la consommation de légumineuses, dont une diminution du
risque cardiovasculaire, la fève a donc une place de choix dans le
régime alimentaire des personnes ayant un taux élevé de cholestérol.
Maladie de Parkinson
Plusieurs personnes atteintes de la
maladie de Parkinson
et ayant des problèmes moteurs ont rapporté une amélioration de leurs
symptômes après avoir manger des fèves13-15.
La fève contient de la lévodopa(L –DOPA), une substance utilisée
comme médicament dans le traitement symptomatique de la maladie de
Parkinson. Dans une étude, la consommation de 250 g de fève cuites
données sous forme de repas test à des sujets atteints de la maladie de
Parkinson a apporté les mêmes bénéfices en ce qui concerne
l’amélioration des performances motrices que la L –DOPA donnée en
combinaison avec un autre médicament, le carbidopa15.
La consommation de fève prolongerait la période « on » de la maladie et
diminuerait la période « off »13.
La période « on » est le moment où le médicament agit sur la personne,
tandis que la période « off » se traduit par le moment où le médicament
n’est plus efficace. La fève pourrait être une source complémentaire
de lévodopa chez des patients atteints de la maladie de Parkinson,
particulièrement chez ceux ayant des problèmes moteurs légers à modérés.
Cependant, comme la concentration de lévodopa diffère d’une variété de
fève à l’autre et en fonction du mode de préparation16,
la consommation de fève ne peut remplacer le traitement médicamenteux
traditionnel15.
Nutriments les plus importants
Fer.
La fève est une bonne source de
fer
pour l’homme et une source pour la femme, leurs
besoins étant différents. Chaque cellule du corps contient du fer. Ce
minéral est essentiel au transport de l’oxygène et à la formation des
globules rouges dans le sang. Il joue aussi un rôle dans la fabrication
de nouvelles cellules, d’hormones et de neurotransmetteurs (messagers
dans l’influx nerveux).
Phosphore.
La fève est une source de phosphore.
Le phosphore constitue le deuxième minéral le plus abondant de
l’organisme après le calcium. Il joue un rôle essentiel dans la
formation et le maintien de la santé des os et des dents. De plus, il
participe entre autres à la croissance et à la régénérescence des tissus
et aide à maintenir à la normale le
pH du
sang. Finalement, le phosphore est l’un des constituants des membranes
cellulaires.
Magnésium.
La fève est une source de
magnésium.
Le magnésium participe au développement osseux, à la construction des
protéines, aux actions enzymatiques, à la contraction musculaire, à la
santé dentaire et au fonctionnement du système immunitaire. Il joue
aussi un rôle dans le métabolisme de l’énergie et dans la transmission
de l’influx nerveux.
Zinc.
La fève est une source de
zinc
pour la femme, mais pas pour l’homme, leurs besoins étant différents. Le
zinc participe notamment aux réactions immunitaires, à la fabrication du
matériel génétique, à la perception du goût, à la cicatrisation des
plaies et au développement du foetus. Il interagit également avec les
hormones sexuelles et thyroïdiennes. Dans le pancréas, il participe à la
synthèse (fabrication), à la mise en réserve et à la libération de
l’insuline.
Manganèse.
La fève est une source de manganèse. Le manganèse agit comme
cofacteur
de plusieurs enzymes qui facilitent une douzaine de différents processus
métaboliques. Il participe également à la prévention des dommages causés
par les
radicaux libres.
Cuivre.
La fève est une source de cuivre. En tant que constituant de plusieurs
enzymes, le cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du
collagène (protéine servant à la structure et à la réparation des
tissus) dans l’organisme. Plusieurs enzymes contenant du cuivre
contribuent également à la défense du corps contre les radicaux libres.
Vitamine B1.
La fève est une source de vitamine B1. Appelée aussi thiamine, la
vitamine B1 fait partie d'un
coenzyme
nécessaire à la production d'énergie principalement à partir des
glucides que nous ingérons. Elle participe aussi à la transmission de
l'influx nerveux et favorise une croissance normale.
Vitamine B2.
La fève est une source de vitamine B2. La vitamine B2 est aussi connue
sous le nom de riboflavine. Tout comme la vitamine B1, elle joue un rôle
dans le métabolisme de l’énergie de toutes les cellules. De plus, elle
contribue à la croissance et à la réparation des tissus, à la production
d’hormones et à la formation des globules rouges.
Vitamine B3.
La fève est une source de
vitamine B3.
Appelée aussi niacine, cette vitamine participe à de nombreuses
réactions métaboliques et contribue particulièrement à la production
d'énergie à partir des glucides, des lipides, des protéines et de
l'alcool que nous ingérons. Elle participe aussi au processus de
formation de l’ADN,
permettant une croissance et un développement normaux.
Folate.
La fève est une source de folate. Le folate (vitamine
B9)
participe à la fabrication de toutes les cellules du corps, dont les
globules rouges. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la
production du matériel génétique (ADN, ARN), dans le fonctionnement du
système nerveux et du système immunitaire, ainsi que dans la
cicatrisation des blessures et des plaies. Comme elle est nécessaire à
la production des nouvelles cellules, une consommation adéquate est
primordiale durant les périodes de croissance et pour le développement
du foetus.
Vitamine C.
La fève est une source de
vitamine C.
Le rôle que joue la vitamine C dans l’organisme va au-delà de ses
propriétés antioxydantes; elle contribue aussi à la santé des os, des
cartilages, des dents et des gencives. De plus, elle protège contre les
infections, favorise l’absorption du fer contenu dans les végétaux et
accélère la cicatrisation.
La
complémentarité des protéines : pas si compliquée!
Contrairement aux protéines animales, les légumineuses ont généralement
une faible teneur en méthionine (un acide aminé essentiel à
l’organisme), ce qui rend leurs protéines incomplètes. Toutefois, pour
les personnes qui mangent peu ou pas de protéines animales, il est
possible de combiner les légumineuses avec des produits céréaliers
ou des
noix,
ce qui permet alors d’obtenir des protéines complètes (qui contiennent
tous les acides aminés essentiels). Chez les adultes, il n’est pas
nécessaire de rechercher cette complémentarité au sein d’un même repas,
car le fait de l’obtenir dans la même journée est habituellement
suffisant18.
Par contre, chez les enfants, les adolescents et les femmes enceintes,
il est préférable d’atteindre la complémentarité des protéines dans un
même repas.
Précautions:
La fève et le favisme
Les
personnes atteintes de favisme, une forme d’anémie
hémolytique,
doivent éviter de consommer des fèves puisque ce type d’anémie est
déclenché par l'absorption de fèves ou l'inhalation du pollen de la
plante. Le favisme est en lien avec une déficience congénitale en un
enzyme présent dans les globules rouges, la glucose 6-phosphate
déshydrogénase érythrocytaire. La déficience en cet enzyme provoque une
destruction prématurée des globules rouges et, par la suite, une anémie
hémolytique. À noter que seuls les hommes peuvent être atteints de cette
déficience. Toutefois, les femmes peuvent être porteuses de l’anomalie
et la transmettre à leurs enfants. Il est donc important que les
personnes atteintes du favisme évitent la consommation de fèves afin de
ne pas provoquer de crises hémolytiques aiguës17.
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