Principes actifs et propriétés
- Pour les légumineuses en
général
Des études ont associé une consommation
régulière de légumineuses à divers effets bénéfiques tels qu’un
meilleur contrôle du diabète 1, une diminution du
risque de maladie cardiovasculaire 2,3 et une
diminution du risque de cancer colorectal 4. Les
recommandations alimentaires du
Programme National Nutrition Santé
comme les préconisations nutritionnelles des USA 5
suggèrent d’ailleurs de consommer des légumineuses quelques fois par
semaine. Enfin, parmi les grandes recommandations de l’American
Institute for Cancer Research pour la prévention du cancer, on
conseille à la population de consommer majoritairement des aliments
végétaux, en y incluant une variété de légumes, de fruits, de
légumineuses et de produits céréaliers peu transformés 6.
- Pour les
haricots
La
consommation de ces légumineuses procure plusieurs bénéfices pour la
santé. À titre d’exemple, une étude chez l’humain a démontré que la
consommation de haricots secs améliorait certains paramètres associés
aux maladies cardiovasculaires6.
Une autre étude a été menée auprès d’un groupe d’environ 2 000
personnes ayant déjà souffert de tumeurs au gros intestin. Les
chercheurs ont observé que, parmi ces sujets, ceux qui avaient le plus
augmenté leur consommation de haricots secs durant l’étude avaient
65 % moins de récurrences de tumeurs de stade avancé,
comparativement à ceux ayant le moins augmenté leur apport en ces
légumineuses7.
Par ailleurs, plusieurs scientifiques ont analysé divers composés des
haricots secs, qui peuvent contribuer aux effets de ces légumineuses
sur la santé.
Antioxydants.
Les
antioxydants sont des composés qui protègent les cellules du corps des
dommages causés par les radicaux libres. Ces derniers sont des
molécules très réactives qui seraient impliquées dans le développement
des
maladies cardiovasculaires,
de certains
cancers et
d’autres maladies liées au
vieillissement8.
Le contenu en antioxydants des haricots secs diffère selon la variété.
Certaines se démarquent par leur contenu élevé, notamment le haricot
rouge9 et
le haricot noir10.
Chez l’animal, la consommation de haricot noir, de même que ses
composés antioxydants étudiés in vitro, ont d’ailleurs mis en évidence
des effets protecteurs contre certains cancers11-14.
Ces résultats doivent toutefois être confirmés chez l’humain.
Catéchines.
Les données ne sont pas disponibles pour toutes les variétés de
haricots, mais chose certaine, le haricot pinto renferme une quantité
non négligeable de catéchines, des composés antioxydants15.
Des recherches sur d’autres aliments que les haricots indiquent qu’une
consommation élevée de catéchines serait associée à des effets
bénéfiques chez l’humain, tels qu’une diminution de la concentration
sanguine et de l’oxydation du cholestérol LDL (« mauvais »
cholestérol)16 et
un risque plus faible de décès par maladie cardiovasculaire17.
Davantage d’études sont toutefois nécessaires afin de vérifier l’effet
spécifique des catéchines issues de la consommation de haricots chez
l’humain.
Anthocyanines.
Certains haricots de couleur foncée (comme les rouges et les
noirs) renferment des anthocyanines18,19,
une autre catégorie d’antioxydants, qui pourraient contribuer aux
bienfaits potentiels des haricots dans la prévention de certains
cancers19,20.
L’effet des anthocyanines des haricots n’a toutefois pas encore été
spécifiquement évalué chez l’humain.
Saponines.
Les haricots secs renferment des saponines21,22,
des composés naturellement présents dans plusieurs végétaux, qui
possèdent une activité antioxydante. Dans la littérature scientifique,
on attribue aux saponines la capacité de diminuer le cholestérol
sanguin chez l’humain22.
Des études in vitro et chez l’animal laissent entendre qu’elles
contribueraient aussi à la protection contre certains cancers22.
Ces résultats demeurent toutefois préliminaires et doivent être
évalués chez l’humain.
Phytostérols
Plusieurs
légumineuses renferment une quantité appréciable de
phytostérols.
Ces composés, qui ont une structure similaire à celle du cholestérol,
se sont révélés bénéfiques pour la santé cardiovasculaire23,24.
Le haricot blanc, par exemple, en contient plus de 100 mg par portion
de 100 g 25.
Une
méta-analyse
de 41
essais cliniques
a démontré que la prise de 2 g par jour de phytostérols réduisait de
10 % le taux de cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol).
Cette réduction pouvait atteindre 20 % dans le cadre d’une diète
faible en gras saturés et en cholestérol26.
Cette quantité de 2 g par jour est pratiquement impossible à atteindre
seulement par l’alimentation. Santé Canada ne permet pas pour le
moment la commercialisation d’aliments enrichis en phytostérols comme
le font les autorités aux États-Unis et en France. Toutefois, les
phytostérols présents naturellement dans les aliments, comme les
haricots secs, demeurent intéressants pour la santé cardiovasculaire.
Fibres
alimentaires
Le haricot
sec est une source très élevée de fibres : ses diverses variétés en
contiennent toutes plus de 6 g par portion de 100 g. Les
fibres alimentaires,
qui se trouvent seulement dans les végétaux, regroupent un ensemble de
substances qui ne sont pas digérées par l’organisme. Une alimentation
riche en fibres est associée à un plus faible risque de
cancer du côlon.
Elle entraîne aussi un effet rassasiant27 plus
important qu’une alimentation faible en fibres. Les haricots secs
renferment les deux grands types de fibres (solubles et insolubles)
qui ont des effets bénéfiques différents dans l’organisme. On attribue
aux fibres insolubles la capacité de prévenir la
constipation en
augmentant le volume des selles27.
Les fibres solubles, de leur côté, peuvent contribuer à la prévention
des maladies cardiovasculaires en diminuant notamment
l’absorption des acides biliaires27.
Elles peuvent également aider au contrôle du
diabète de type 2
grâce, entre autres, à un ralentissement de la digestion du glucose
des aliments27.
Il est recommandé de consommer 25 g de fibres par jour pour les femmes
de 19 ans à 50 ans, et 38 g par jour pour les hommes du même groupe
d’âge28.
Flore
bactérienne intestinale
Certains
glucides des haricots secs, comme les oligosaccharides et l’amidon
résistant, auraient des effets bénéfiques pour la santé
intestinale. Les oligosaccharides sont des glucides qui provoquent les
flatulences29 chez
les personnes peu habituées à consommer des légumineuses. L’amidon
résistant, quant à lui, constitue une partie de l’amidon total des
haricots secs cuits30 :
de la même façon que les fibres alimentaires, il peut résister à la
digestion et évite ainsi d’être entièrement absorbé par le petit
intestin31.
Dans les haricots blancs, par exemple, il constituerait environ 17 %
de l’amidon total32.
Les oligosaccharides et l’amidon résistant sont fermentés dans le gros
intestin29,32.
Ces composés auraient l’avantage de favoriser le développement de
bactéries intestinales bénéfiques et de limiter celui des
bactéries nuisibles29,30.
Nutriments les plus importants
Voir la signification des symboles de classification
des sources des nutriments
Fer
Les
haricots sont d'excellentes sources de
fer
pour l’homme seulement, les besoins de la femme étant
supérieurs. Les haricots sont cependant de bonnes sources de
fer pour la femme. Le fer est essentiel au transport de
l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang. Il joue
aussi un rôle dans la fabrication de nouvelles cellules, d’hormones et
de neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux). Il est à
noter que le fer contenu dans les aliments d’origine végétale est
moins bien absorbé par l’organisme que le fer contenu dans les
aliments d’origine animale. L’absorption du fer des végétaux est
toutefois favorisée lorsqu’il est consommé avec certains nutriments,
telle la
vitamine C.
Manganèse
Les haricots sont une excellente source
de manganèse pour la femme et une bonne source pour l’homme,
les besoins de l’homme étant supérieurs. Le manganèse agit comme
cofacteur
de plusieurs
enzymes
qui facilitent une douzaine de différents processus métaboliques. Il
participe également à la prévention des dommages causés par les
radicaux libres.
Cuivre
Les
haricots sont d'excellentes sources de cuivre. En tant que
constituant de plusieurs enzymes, le cuivre est nécessaire à la
formation dans l’organisme de l’hémoglobine et du collagène, une
protéine servant à la structure et à la réparation des tissus.
Plusieurs enzymes contenant du cuivre contribuent également à la
défense du corps contre les radicaux libres.
Folate
Les
haricots sont d'excellentes sources de folate. Le folate (vitamine
B9)
participe à la fabrication de toutes les cellules du corps, dont les
globules rouges. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la
production du matériel génétique (ADN, ARN), dans le fonctionnement du
système nerveux et du système immunitaire, ainsi que dans la
cicatrisation des blessures et des plaies. Comme elle est nécessaire à
la production des nouvelles cellules, une consommation adéquate est
primordiale durant les périodes de croissance et pour le développement
du foetus.
Phosphore
Les haricots secs sont de bonnes
sources de phosphore. Le phosphore constitue le deuxième minéral
le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il joue un rôle
essentiel dans la formation et le maintien de la santé des os et des
dents. De plus, il participe entre autres à la croissance et à la
régénérescence des tissus et aide à maintenir à la normale le
pH du
sang. Finalement, le phosphore est l’un des constituants des membranes
cellulaires.
Magnésium
Les
haricots sont une bonne source pour la femme et une source pour
l'homme, les besoins de l’homme étant supérieurs. Ce minéral participe
au développement osseux, à la construction des protéines, aux actions
enzymatiques, à la contraction musculaire, à la santé dentaire et au
fonctionnement du système immunitaire. Il joue aussi un rôle dans le
métabolisme de l’énergie et dans la transmission de l’influx nerveux.
Zinc
Les
haricots sont une bonne source de
zinc
pour la femme et une source pour l’homme, les besoins de
l’homme étant supérieurs. Le zinc participe notamment aux réactions
immunitaires, à la fabrication du matériel génétique, à la perception
du goût, à la cicatrisation des plaies et au développement du foetus.
Il interagit également avec les hormones sexuelles et thyroïdiennes.
Dans le pancréas, il participe à la fabrication, à la mise en réserve
et à la libération de l’insuline.
Vitamine B1
Les haricots sont une bonne source de
vitamine B1. Appelée aussi thiamine, la vitamine B1 fait partie
d'un
coenzyme
nécessaire à la production d'énergie principalement à partir des
glucides que nous ingérons. Elle participe aussi à la transmission de
l'influx nerveux et favorise une croissance normale.
Calcium
Les
haricots sont une source de
calcium.
Le calcium est de loin le minéral le plus abondant dans le corps. Il
est majoritairement entreposé dans les os, dont il fait partie
intégrante. Il contribue à la formation des os et des dents, ainsi
qu’au maintien de leur santé. Le calcium joue aussi un rôle essentiel
dans la coagulation du sang, le maintien de la pression sanguine et la
contraction des muscles, dont le coeur.
Potassium
Les
haricots sont des sources de potassium. Dans l’organisme,
celui-ci sert à équilibrer le pH du sang et à stimuler la production
d’acide chlorhydrique par l’estomac, favorisant ainsi la digestion. De
plus, il facilite la contraction des muscles, incluant le coeur, et
participe à la transmission de l’influx nerveux
Sélénium
Les
haricots sont une source de
sélénium.
Ce minéral travaille avec l’un des principaux enzymes antioxydants,
prévenant ainsi la formation de radicaux libres dans l’organisme. Il
contribue aussi à convertir les hormones thyroïdiennes en leur forme
active.
Vitamine B2
Les
haricots sont une source de vitamine B2 pour la femme
seulement, les besoins de l’homme étant supérieurs. La vitamine B2 est
aussi connue sous le nom de riboflavine. Tout comme la
vitamine B1, elle joue un rôle dans le métabolisme de l’énergie de
toutes les cellules. De plus, elle contribue à la croissance et à la
réparation des tissus, à la production d’hormones et à la formation
des globules rouges.
Acide
pantothénique
Les
haricots sont une source d’acide pantothénique. Aussi appelé
vitamine B5,
l’acide pantothénique fait partie d’un coenzyme clé nous permettant
d’utiliser de façon adéquate l’énergie tirée des aliments que nous
consommons. Il participe aussi à plusieurs étapes de la fabrication
des hormones stéroïdiennes, des neurotransmetteurs (messagers dans
l’influx nerveux) et de l’hémoglobine.
Vitamine B6
Les
haricots sont des sources de
vitamine B6.
Aussi appelée pyridoxine, la vitamine B6 fait partie de
coenzymes qui participent au métabolisme des protéines et des acides
gras ainsi qu’à la fabrication des neurotransmetteurs (messagers dans
l’influx nerveux). Elle contribue également à la production des
globules rouges et leur permet de transporter davantage d’oxygène. La
pyridoxine est aussi nécessaire à la transformation du glycogène en
glucose et elle contribue au bon fonctionnement du
système immunitaire.
Enfin, cette vitamine joue un rôle dans la formation de certaines
composantes des cellules nerveuses.
Vitamine E
Les
haricots blanc ont des sources de
vitamine E.
Antioxydant majeur, la vitamine E protège la membrane qui entoure les
cellules du corps, en particulier les globules rouges et les globules
blancs (cellules du système immunitaire).
La
complémentarité des protéines : pas si compliquée!
Les légumineuses font partie des aliments de source végétale qui
contiennent le plus de protéines. Contrairement aux protéines
animales, les légumineuses ont généralement une faible teneur en
méthionine (un acide aminé essentiel à l’organisme), ce qui rend leurs
protéines incomplètes. Toutefois, il est possible pour les personnes
qui mangent peu ou pas de protéines animales de combiner les
légumineuses avec des produits céréaliers ou des noix. On obtient
alors des protéines complètes (qui contiennent tous les acides aminés
essentiels). Chez les adultes, il n’est pas nécessaire de rechercher
cette complémentarité au sein d’un même repas, car le fait de
l’obtenir dans la même journée est habituellement suffisant33.
Par contre, chez les enfants, les adolescents et les femmes enceintes,
il est préférable d’atteindre la complémentarité des protéines au même
repas33.
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