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Le pois sec, jaune ou vert, est une légumineuse qui devrait être plus présente dans notre alimentation. Il est faible en matières grassses, riche en glucides à faible index glycémique, en protéines et en fibres alimentaires en plus de contribuer à l’apport en plusieurs vitamines et minéraux. Cependant, comme la plupart des autres légumineuses, le pois sec n’est pas complet quant à son contenu en protéines. Certains acides aminés essentiels, telle la méthionine, se retrouve en faible quantité, d’où la nécessité de le combiner avec d’autres sources protéiques, en particulier des céréales.

 

Principes actifs et propriétés

Un pois sec par jour pour diminuer le cholestérol sanguin…
Certaines personnes ont pris l’habitude de consommer un pois sec par jour, de façon similaire à la prise d’un médicament, dans le but de réduire leur cholestérol sanguin. Bien que les légumineuses puissent effectivement avoir un effet bénéfique sur le profil lipidique3, il faut en consommer en quantité suffisante pour observer un tel effet. Puisque la prise d’un seul pois sec par jour est loin de correspondre à une portion appréciable de légumineuse, cette habitude ne permet probablement pas de réduire le cholestérol sanguin.

Certaines études ont associé une consommation régulière de légumineuses à divers effets bénéfiques pour la santé tels qu’un meilleur contrôle du diabète1, une diminution du risque de maladies cardiovasculaires2,3 et une diminution du risque de cancer colorectal4. Ces bienfaits seraient en partie attribuables à divers composés présents dans les légumineuses tels que les fibres alimentaires. Les recommandations alimentaires américaines suggèrent d’ailleurs de consommer des légumineuses au moins quelques fois par semaine5. Enfin, parmi les grandes recommandations de l’American Institute for Cancer Research pour la prévention du cancer, on conseille à la population de favoriser une alimentation composée majoritairement d’aliments végétaux en y incluant une variété de légumes et de fruits, de légumineuses et de produits céréaliers peu transformés6.

Fibres alimentaires. Les légumineuses sont toutes de bonnes sources de fibres. Les fibres alimentaires, qui se retrouvent seulement dans les produits végétaux, sont des substances qui ne sont pas digérées par l’organisme. Les fibres du pois se retrouvent presque entièrement sous forme insoluble (soit environ 95 % des fibres totales)7,8. Rappelons qu’une alimentation riche en fibres insolubles aide principalement à maintenir une fonction intestinale adéquate9. De plus, même si elles ne fournissent pas de calories, les fibres alimentaires apporteraient un plus grand rassasiement9. À noter qu’il est recommandé de consommer 25 g de fibres par jour pour les femmes de 19 ans à 50 ans, et 38 g par jour pour les hommes du même groupe d’âge10. La consommation de 125 ml de pois secs cuits permet de faciliter l’atteinte de cet objectif en fournissant 3 g de fibres.

Lipides sanguins. La consommation de pois secs, comme celle d’autres légumineuses, pourrait aider à améliorer le profil lipidique sanguin. C’est ce que semblent démontrer certains résultats d’études effectuées chez l’animal11-14. Les effets bénéfiques sur le profil lipidique sanguin pourraient expliquer en partie l’association observée entre la consommation de légumineuses et la diminution du risque de maladies cardiovasculaires. Toutefois, des études chez l’humain devront être réalisées afin d’évaluer si la consommation de pois secs en soi permet d’améliorer le profil lipidique.

Diabète de type 2. Chez les diabétiques de type 2, tout comme chez ceux de type 1, il est important d’obtenir des glycémies dans les limites normales après la prise de nourriture afin d’avoir un meilleur contrôle du diabète. Dans une étude regroupant neuf patients atteints de diabète de type 2, la glycémie observée après l’ingestion de 36 g de glucides provenant de pois secs cuits correspondait environ au tiers de la glycémie observée avec la même quantité de glucides provenant de la pomme de terre. L’effet du pois sec cuit sur la glycémie semble s’expliquer par la présence de différents composés tels que les fibres alimentaires, l’amidon ou certains facteurs antinutritionnels (par exemple les polyphénols et l’acide phytique)15. Comme les glucides contenus dans les pois secs semblent avoir moins d’impact sur la glycémie que les glucides provenant d’autres aliments, comme la pomme de terre, il serait intéressant de recommander l’intégration de cette légumineuse dans l’alimentation des personnes diabétiques de type 216.

 

Nutriments les plus importants

 

 Fer. Le pois sec est une bonne source de fer pour l’homme et une source pour la femme, leurs besoins étant différents. Chaque cellule du corps contient du fer. Ce minéral est essentiel au transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang. Il joue aussi un rôle dans la fabrication de nouvelles cellules, d’hormones et de neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux).

Manganèse. Le pois sec est une bonne source de manganèse. Le manganèse agit comme cofacteur de plusieurs enzymes qui facilitent une douzaine de différents processus métaboliques. Il participe également à la prévention des dommages causés par les radicaux libres.

Cuivre. Le pois sec est une bonne source de cuivre. En tant que constituant de plusieurs enzymes, le cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du collagène (protéine servant à la structure et à la réparation des tissus) dans l’organisme. Plusieurs enzymes contenant du cuivre contribuent également à la défense du corps contre les radicaux libres.

Vitamine B1. Le pois sec est une bonne source de vitamine B1. Appelée aussi thiamine, la vitamine B1 fait partie d'un coenzyme nécessaire à la production d'énergie principalement à partir des glucides que nous ingérons. Elle participe aussi à la transmission de l'influx nerveux et favorise une croissance normale.

Folate. Le pois sec est une bonne source de folate. Le folate (vitamine B9) participe à la fabrication de toutes les cellules du corps, dont les globules rouges. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la production du matériel génétique (ADN, ARN), dans le fonctionnement du système nerveux et du système immunitaire, ainsi que dans la cicatrisation des blessures et des plaies. Comme elle est nécessaire à la production des nouvelles cellules, une consommation adéquate est primordiale durant les périodes de croissance et pour le développement du foetus.

Phosphore. Le pois sec est une source de phosphore (voir notre fiche Palmarès des nutriments Phosphore). Le phosphore constitue le deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il joue un rôle essentiel dans la formation et le maintien de la santé des os et des dents. De plus, il participe entre autres à la croissance et à la régénérescence des tissus et aide à maintenir à la normale le pH du sang. Finalement, le phosphore est l’un des constituants des membranes cellulaires.

 Magnésium. Le pois sec est une source de magnésium. Le magnésium participe au développement osseux, à la construction des protéines, aux actions enzymatiques, à la contraction musculaire, à la santé dentaire et au fonctionnement du système immunitaire. Il joue aussi un rôle dans le métabolisme de l’énergie et dans la transmission de l’influx nerveux.

Potassium. Le pois sec est une source de potassium. Dans l’organisme, le potassium sert à équilibrer le pH du sang et à stimuler la production d’acide chlorhydrique par l’estomac, favorisant ainsi la digestion. De plus, il facilite la contraction des muscles, incluant le coeur, et participe à la transmission de l’influx nerveux.

Zinc. Le pois sec est une source de zinc. Le zinc participe notamment aux réactions immunitaires, à la fabrication du matériel génétique, à la perception du goût, à la cicatrisation des plaies et au développement du foetus. Il interagit également avec les hormones sexuelles et thyroïdiennes. Dans le pancréas, il participe à la synthèse (fabrication), à la mise en réserve et à la libération de l’insuline.

Vitamine B2. Le pois sec est une source de vitamine B2 pour la femme. La vitamine B2 est aussi connue sous le nom de riboflavine. Tout comme la vitamine B1, elle joue un rôle dans le métabolisme de l’énergie de toutes les cellules. De plus, elle contribue à la croissance et à la réparation des tissus, à la production d’hormones et à la formation des globules rouges.

Vitamine B3. Le pois sec est une source de vitamine B3. Appelée aussi niacine, cette vitamine participe à de nombreuses réactions métaboliques et contribue particulièrement à la production d'énergie à partir des glucides, des lipides, des protéines et de l'alcool que nous ingérons. Elle participe aussi au processus de formation de l’ADN, permettant une croissance et un développement normaux.

Acide pantothénique. Le pois sec est une source d’acide pantothénique. Aussi appelée vitamine B5, l’acide pantothénique fait partie d’un coenzyme clé nous permettant d’utiliser de façon adéquate l’énergie présente dans les aliments que nous consommons. Il participe aussi à plusieurs étapes de la synthèse (fabrication) des hormones stéroïdiennes, des neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux) et de l’hémoglobine.

Vitamine K. Le pois sec est une source de vitamine K pour la femme. La vitamine K est nécessaire pour la synthèse (fabrication) de protéines qui collaborent à la coagulation du sang (autant à la stimulation qu’à l’inhibition de la coagulation sanguine). Elle joue aussi un rôle dans la formation des os. En plus de se trouver dans l’alimentation, la vitamine K est fabriquée par les bactéries présentes dans l’intestin, d’où la rareté des carences en cette vitamine.

 

La complémentarité des protéines : pas si compliquée!

Contrairement aux protéines animales, les légumineuses ont généralement une faible teneur en méthionine (un acide aminé essentiel à l’organisme), ce qui rend leurs protéines incomplètes. Toutefois, les personnes qui mangent peu ou pas de protéines animales peuvent combiner les légumineuses avec des produits céréaliers ou des noix, ce qui permet alors d’obtenir des protéines complètes (qui contiennent tous les acides aminés essentiels). Chez les adultes, il n’est pas nécessaire de rechercher cette complémentarité au sein d’un même repas, car le fait de l’obtenir dans la même journée est habituellement suffisant21. Par contre, chez les enfants, les adolescents et les femmes enceintes, il est préférable d’atteindre la complémentarité des protéines dans un même repas.

 

Références

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Bibliographie

Carper Jean. Les aliments qui guérissent, Les Éditions de l’Homme, Canada, 1990.
Cousin Roger. Le pois, variabilité, objectifs de sélection. Sauve qui peut! Le courrier de l'environnement de l'Inra.
Dauzat Albert, Dubois Jean, Mitterand, Henri. Nouveau dictionnaire étymologique et historique, Librairie Larousse, France, 1971.
Desaulniers, M., Dubost, M. Table de composition des aliments, volume 2. Département de nutrition, Université de Montréal, Canada, 2003.
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Notes

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3. Bazzano LA, Serdula MK, Liu S.
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