
Principes actifs et propriétés
- Pour les
légumineuses en général
Des études ont associé une consommation
régulière de légumineuses à divers effets bénéfiques tels qu’un
meilleur contrôle du diabète 1, une diminution du
risque de maladie cardiovasculaire 2,3 et une
diminution du risque de cancer colorectal 4. Les
recommandations alimentaires du
Programme National Nutrition Santé
comme les préconisations nutritionnelles des USA 5
suggèrent d’ailleurs de consommer des légumineuses quelques fois par
semaine. Enfin, parmi les grandes recommandations de l’American
Institute for Cancer Research pour la prévention du cancer, on
conseille à la population de consommer majoritairement des aliments
végétaux, en y incluant une variété de légumes, de fruits, de
légumineuses et de produits céréaliers peu transformés 6.
- Pour le pois
chiche
Le pois chiche, comme toutes les
légumineuses, est un aliment naturellement riche en protéines
végétales, en plusieurs vitamines et minéraux et en fibres
alimentaires. De plus, il est faible en matières grasses, et comme
tous les aliments végétaux il ne contient pas de cholestérol. Pas
besoin d’être végétarien pour profiter de sa saveur et de ses
bienfaits!
Maladie cardiovasculaire. Une étude chez des animaux
hypercholestérolémiques (taux de cholestérol sanguin trop élevés) a
démontré que la consommation d’une diète contenant des pois chiches
pendant 16 jours menait à une diminution des concentrations sanguines
de cholestérol total et LDL (le « mauvais » cholestérol),
comparativement au groupe contrôle 7. Ces chercheurs
pensent que les pois chiches pourraient faire partie des aliments à
recommander chez les personnes aux prises avec une détérioration du
cholestérol sanguin. Rappelons aussi que la consommation de
légumineuses en général apporte des bénéfices sur le plan
cardiovasculaire.
Effets bénéfiques sur la flore bactérienne du côlon
Une étude chez l’animal a démontré que suivre une diète
contenant des pois chiches pendant un mois entraînait une augmentation
du nombre de bifidobactéries (bactéries bénéfiques du gros intestin)
8. Les effets avantageux de ces bactéries incluraient, par
exemple, une aide à la protection contre le cancer colorectal, une
diminution de l’activité des bactéries nuisibles, une aide à
l’assimilation de certains nutriments tels que le calcium et une
contribution au système immunitaire. L’effet des pois chiches sur la
croissance des bactéries bénéfiques pourrait entre autres s’expliquer
par la présence d’amidon résistant. Comme son nom l’indique, ce type
d’amidon résiste à la digestion et peut ainsi aider les bactéries
bénéfiques à se développer. Bien que d’autres études soient
nécessaires pour vérifier dans quelle mesure cet effet peut
s’appliquer à l’humain, une recherche effectuée auprès de six
personnes a démontré qu’environ 15 % de l’amidon des pois chiches
cuits résisterait à la digestion, devenant ainsi disponible dans le
gros intestin 9.
Contrôle du diabète
Quelques études chez l’animal et l’humain ont indiqué
que la consommation de pois chiches amenait une réponse
glycémique (taux de sucre dans le sang) plus faible que
celle amenée par les aliments à base de blé ou par la caséine du lait
7,11. Cette propriété en fait un aliment avantageux
pour les personnes qui souffrent de diabète et qui doivent ainsi
éviter une augmentation trop brutale de la glycémie.
Fibres alimentaires
Les légumineuses sont toutes de bonnes sources
de fibres. Les
fibres
alimentaires, qui se retrouvent
seulement dans les produits végétaux, regroupent un ensemble de
substances qui ne sont pas digérées par l’organisme. Les pois chiches,
comme toutes les légumineuses, sont une source élevée de fibres : les
pois chiches bouillis en contiennent 4 g par portion de 125 ml
(1/2 tasse). Une alimentation riche en fibres provenant de différentes
sources est associée à un plus faible risque de cancer du côlon
et peut aider à contrôler l’appétit en apportant plus
rapidement un sentiment de satiété12 : cette
dernière propriété peut être un atout pour la gestion du poids
corporel.
Il existe deux grands types de fibres
(solubles et insolubles) qui ont des effets bénéfiques différents dans
l’organisme. Le pois chiche renferme surtout des fibres insolubles8,
auxquelles on attribue la capacité de prévenir la constipation 12.
Il est recommandé de consommer 25 g de fibres par jour pour les femmes
de 19 ans à 50 ans, et 38 g par jour pour les hommes du même groupe
d’âge 13.
Nutriments les plus importants
Manganèse. Le pois chiche bouilli est une excellente
source de manganèse. La farine de pois chiche est une
bonne source pour la femme et une source pour l’homme,
leurs besoins étant différents. Le manganèse agit comme
cofacteur de plusieurs
enzymes qui facilitent une douzaine de
différents processus métaboliques. Il participe également à la
prévention des dommages causés par les
radicaux libres.
Cuivre. Le pois chiche bouilli est une excellente source
de cuivre, tandis que la farine de pois chiche en est une
bonne source. En tant que constituant de plusieurs enzymes, le
cuivre est nécessaire à la formation de l’hémoglobine et du collagène
(protéine servant à la structure et à la réparation des tissus) dans
l’organisme. Plusieurs enzymes contenant du cuivre contribuent
également à la défense du corps contre les radicaux libres.
Folate. Le pois chiche bouilli est
une excellente source de folate tandis que la farine de
pois chiche en est une bonne source. Le folate (vitamine
B9) participe à la fabrication de toutes les
cellules du corps, dont les globules rouges. Cette vitamine joue un
rôle essentiel dans la production du matériel génétique (ADN, ARN),
dans le fonctionnement du système nerveux et du système immunitaire,
ainsi que dans la cicatrisation des blessures et des plaies. Comme
elle est nécessaire à la production des nouvelles cellules, une
consommation adéquate est primordiale durant les périodes de
croissance et pour le développement du foetus.
Phosphore. Le pois chiche
bouilli est une bonne source de phosphore tandis que la
farine de pois chiche en est une source. Le phosphore constitue le
deuxième minéral le plus abondant de l’organisme après le calcium. Il
joue un rôle essentiel dans la formation et le maintien de la santé
des os et des dents. De plus, il participe entre autres à la
croissance et à la régénérescence des tissus et aide à maintenir à la
normale le pH du sang. Finalement, le phosphore est l’un des
constituants des membranes cellulaires.
Fer. Le pois chiche bouilli
est une excellente source de fer pour l’homme et une
source pour la femme, leurs besoins étant différents. De
son côté, la farine de pois chiche en est une source.
Chaque cellule du corps contient du fer. Ce minéral est essentiel au
transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le
sang. Il joue aussi un rôle dans la fabrication de nouvelles cellules,
d’hormones et de neurotransmetteurs (messagers dans l’influx nerveux).
Zinc. Le pois chiche bouilli
est une bonne source de zinc pour la femme et une
source pour l’homme, leurs besoins étant différents. La
farine de pois chiche en est une source. Le zinc participe
notamment aux réactions immunitaires, à la fabrication du matériel
génétique, à la perception du goût, à la cicatrisation des plaies et
au développement du foetus. Il interagit également avec les hormones
sexuelles et thyroïdiennes. Dans le pancréas, il collabore à la
synthèse (fabrication), à la mise en réserve et à la libération de
l’insuline.
Magnésium. Le pois chiche bouilli
et la farine de pois chiche sont des sources de magnésium. Le
magnésium participe au développement osseux, à la construction des
protéines, aux actions enzymatiques, à la contraction musculaire, à la
santé dentaire et au fonctionnement du système
immunitaire. Il joue aussi un rôle
dans le métabolisme de l’énergie et dans la transmission de l’influx
nerveux.
Potassium. Le pois chiche
bouilli est une source de potassium. Dans l’organisme, le
potassium sert à équilibrer le pH du sang et à stimuler la production
d’acide chlorhydrique par l’estomac, favorisant ainsi la digestion. De
plus, il facilite la contraction des muscles, incluant le coeur, et
participe à la transmission de l’influx nerveux.
Sélénium. Le pois chiche bouilli
est une source de sélénium.
Ce minéral travaille avec l’un des principaux enzymes
antioxydants,
prévenant ainsi la formation de
radicaux libres
dans l’organisme. Il contribue aussi à convertir les hormones
thyroïdiennes en leur forme active.
Vitamine B1. Le pois chiche bouilli
et la farine de pois chiche sont des sources de vitamine B1.
Appelée aussi thiamine, cette vitamine fait partie d'un
coenzyme
nécessaire à la production d'énergie principalement à partir des
glucides que nous ingérons. Elle participe aussi à la transmission de
l'influx nerveux et favorise une croissance normale.
Vitamine B2. Le pois chiche
bouilli est une source de vitamine B2 pour la femme. Cette
vitamine est aussi connue sous le nom de riboflavine. Tout comme la
vitamine B1, la vitamine B2 joue un rôle dans le métabolisme de
l’énergie de toutes les cellules. De plus, elle contribue à la
croissance et à la réparation des tissus, à la production d’hormones
et à la formation des globules rouges.
Vitamine B6. Le pois chiche bouilli
et la farine de pois chiche sont des sources de
vitamine B6.
Aussi appelée pyridoxine, la vitamine B6 fait partie de coenzymes qui
participent au métabolisme des protéines et des acides gras ainsi qu’à
la synthèse (fabrication) des neurotransmetteurs (messagers dans
l’influx nerveux). Elle contribue également à la fabrication des
globules rouges et leur permet de transporter davantage d’oxygène. La
pyridoxine est aussi nécessaire à la transformation du
glycogène en glucose et elle collabore au
bon fonctionnement du système immunitaire. Cette vitamine joue enfin
un rôle dans la formation de certaines composantes des cellules
nerveuses et dans la modulation de récepteurs hormonaux.
La complémentarité des protéines : pas
si compliquée!
Contrairement aux protéines animales,
les légumineuses ont généralement une faible teneur en méthionine
(un acide aminé essentiel à l’organisme), ce qui rend leurs protéines
incomplètes. Toutefois, pour les personnes qui mangent peu ou pas de
protéines animales, il est possible de combiner les légumineuses avec
des produits céréaliers ou des noix, ce qui permet alors d’obtenir des
protéines complètes (qui contiennent tous les acides aminés
essentiels). Chez les adultes, il n’est pas nécessaire de rechercher
cette complémentarité au sein d’un même repas, car le fait de
l’obtenir dans la même journée est habituellement suffisant 14.
Par contre, chez les enfants, les adolescents et les femmes enceintes,
il est préférable d’atteindre la complémentarité des protéines dans un
même repas.
Allergie aux légumineuses : des différences régionales
Des réactions allergiques à certaines
légumineuses peuvent survenir dans diverses populations. En Inde, par
exemple, le pois chiche est au coeur de l’alimentation pour de
nombreux individus, de sorte que l’allergie à cet aliment est plus
fréquente. En Europe, les légumineuses faisant l’objet d’allergies
sont surtout l’arachide
et le soja.
Des composés à la fois nuisibles et bénéfiques dans les
légumineuses
Les légumineuses contiennent des composés
phytochimiques
tels que les lectines ou les saponines. Ces familles de
composés renferment des substances qui sont parfois considérées comme
des facteurs antinutritionnels (pouvant diminuer la
biodisponibilité
des nutriments). Toutefois, les chercheurs s’entendent pour dire que,
dans un contexte nord-américain où il y abondance et diversité
alimentaire et où la déficience nutritionnelle est plutôt rare, cet
effet a peu d’impact sur la santé. Depuis quelques années, des
recherches in vitro et chez l’animal associent même la consommation de
certains de ces composés à des bienfaits tels qu’une diminution de la
croissance des cellules cancéreuses et une amélioration du taux de
cholestérol sanguin15,16.
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