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Pois chiches
(Cicer Arietinum)
Dans
les pois chiches vendus en France, la seule différence porte sur
la taille en fonction de l’utilisation qui en sera faite en
conserve ou vendus en sec : petit pois chiche, pois chiche moyen
et gros pois chiche. Le pois chiche est spontanément associé aux
cuisines méditerranéennes. Il faut dire que le fameux couscous
et les tagines de l'Afrique du Nord y sont pour quelque chose !
Un fait est certain, c'est que ces plats associent de façon
assez remarquable les viandes et les protéines végétales. Les
nutritionnistes mettent également en valeur la parfaite
complémentarité entre les protéines végétales issues des
céréales (la semoule) et celles provenant des légumes secs (pois
chiche). Fort est également de constater que le pois chiche est
le légume sec qui détient un double record : haute teneur en
glucides assimilables et pourcentage élevé en protéines
végétales.
Cette
notoriété du pois chiche est vérifiée dans le monde entier. A
telle enseigne que la production mondiale avoisine les 8
millions de tonnes. Certes les pois chiches se retrouvent dans
de nombreuses recettes exotiques…mais on a un peu trop vite
oublié son histoire européenne.
Un peu d’histoire
Le
pois chiche est probablement originaire d'une région englobant
le sud-est de la Turquie et la Syrie. Trois espèces annuelles
sauvages de Cicer, étroitement apparentées au pois chiches
existent dans cette région.
On a
montré, sur la base d'études linguistiques, que les variétés à
grosses graines, de couleur crème, n'ont atteint l'Inde qu'il
n'y a que deux siècles, apparemment à travers l'Afghanistan. En
effet le nom Hindi de ces variétés est
Kabuli
chana
(chana
= pois chiche), en référence au nom de la capitale de
l'Afghanistan Kaboul. Les variétés à petites graines sont
appelées Desi (locale) et ces dénominations kabuli et desi sont
maintenant largement utilisée dans le monde pour distinguer ces
deux groupes de cultivars.
La
mention des pois chiches se retrouve sur des inscriptions
anciennes. Le mot
halluru
désigne le pois chiche sous sa forme la plus ancienne (3000 ans
avant JC) comme source alimentaire en Mésopotamie.
L'identification de
halluru
est
basée sur les ressemblances étymologiques avec l'hébreu,
l'araméen et l'arabe
(hullar).
un papyrus de la 20ème dynastie du Nouveau Royaume
(1580-1100 avant JC) fait référence au pois chiche comme
Hrw-b'k,
tête de faucon, parmi un certain nombre de noms de plantes. Le
nom latin de Cicer est probablement dérivé de
kickere
dans
le langage pélagien des populations du nord de la Grèce.
Le
nom vernaculaire espagnol de
garbanzo
et
garabanzo,
et les dénominations françaises de
garvanche, garvance
et
garavane
ainsi
que la forme dérivée allemande de
garabanze
ne
sont pas reliées à d'autres noms. La plupart des noms
vernaculaires du pois chiches sont dérivés de Cicer. En français
pois
chiche, pois ciche, ciche, césé, cicérole, cisérole, ciserolle
seses; en allemand Kichererbse, Kicher, Chicher, Chichina,
Chichuria, Cicerbis, Cisa, Cyfer, Czyche, Keicheren, Kekeren,
Keyker, Kicher(n)kraut, Kicherling, Sisern, Sekern, Venuszkicher,
Zieserbsen, Zisererwedsen, Ziser et Ziserbohne.
Dans
les pays anglo-saxons
chick
pea
et en
néerlandais les noms sont également dérivés de
Cicer
: keker, kekerwert, kicher, kikkerwert, cicerwert, cisers,
sisser et sisserwert.
Même
en Afrique du Nord en berbère on connaît le pois chiche sous le
nom
d'ikiker
et de
kiker.
En
France les noms de
pois
bécu, pois blanc, pois de brebis, pois breton, pois chabot, pois
citron, pois cornu, pois gris, pois pointu,
et
pois
tête de bélier
ont
été utilisés.
Une réapparition !
Le
pois chiche est un produit courant depuis l'antiquité. Il a
conquis l'Europe du Nord durant le Moyen Age où il s'est ensuite
largement répandu. A partir du XVème siècle, il est souvent
présent sur les tables campagnardes et il a su ensuite séduire
la gastronomie occidentale réservée jusque là aux produits
carnés. Ainsi, au fil des siècles, se multiplièrent les bonnes
recettes gourmandes aux pois chiches et autres légumes secs.
Longuement oubliés depuis la fin du 19ème siècle, les pois
chiches sont revenus avec les émigrés d'Afrique de Nord mais
aussi avec le développement de nos échanges avec l'Espagne, la
Turquie, et autres pays du bassin méditérranéen Avec une
consommation en progression, la culture du pois chiche est
réapparue en France au début des années 90 Implantée d'abord en
Provence, c'est surtout dans le Lauragais que la culture connaît
une nouvelle jeunesse. Dans les départements du Tarn et de la
Haute Garonne la progression des pois chiches est remarquable.
Ainsi, avec 350 hectares en 1999 nous sommes aujourd'hui à des
prévisions de plus de 2000 ha.
Une culture bien adaptée au midi de la France
Le
pois chiche s'est bien acclimaté au Sud de la France. La culture
valorise les sols secs et elle est excellente en rotation,
notamment en 3ème année après un blé dur. Avec l'appui de l'UNIP
et de l'ITCF, la production est aujourd'hui bien maîtrisée. Une
seul mise en garde : le pois chiche est sensible à l'excès d'eau
!
" Le pois chiche, une nouvelle dynamique dans le Lauragais…
…Et c'est dans la région de Viviers - lès - Lavaur que le pois
chiche a fait son apparition il y a environ 8 ans. L'initiative
en revient à Louis GUCEMAS. Cet agriculteur, dont la famille est
d'origine espagnole, a eu l'idée d'implanter cette culture sur
son exploitation.
Il faut avouer que cette région du Lauragais, dans le Sud du
Tarn et sur la frange de la Haute-Garonne, bénéficie de
conditions pédo-climatiques excellentes pour le pois chiche.
L'objectif serait maintenant de mettre en place un cahier des
charges pour garantir une production de qualité et de lancer,
avec l'aide des distributeurs agricoles, un véritable label.
Nous aurions ainsi la possibilité d'identifier notre production
et de développer encore bien davantage les surfaces et les
ventes en valorisant auprès du consommateur une marque qui
pourrait peut-être s'appeler : les pois chiches des terroirs du
Lauragais. "
(Valério
SARTORI, conseiller technique, ITCF – UNIP, Station agronomique
de Baziége) |